05 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

Tu devrais « perdre du poids ».

« Perdre du poids » pour plaire aux garçons.
« Perdre du poids » pour trouver un travail.
« Perdre du poids » pour t’habiller comme tu en as envie.
« Perdre du poids » pour être bien ta peau.

Perdre du poids parce qu’il est socialement acceptable de vouloir mincir mais pas d’être heureux/se d’avoir des kilos en trop. Perdre du poids parce qu’il est socialement acceptable de se plier aux contraintes de beauté standardisé. Perdre du poids parce qu’on ne peut pas être heureux/se et bien dans sa peau sans avoir de ventre plat.

Entendons-nous bien : si je comprend bien que mon entourage s’inquiète, cette injonction a cependant le don d’accumuler insulte, humiliation et pression sociale démentielle.

Je suis ronde/plantureuse/généreuse/grosse (rayez les mentions inutiles) depuis mon enfance. Et depuis mon enfance, la société et mon entourage me reproche ce corps que j’ai appris à haïr et maltraiter à coup de régime, de mutilation et de crise de boulimie. Il m’a fallut des années pour apprendre à accepter puis aimer ce corps que je n’étais pas censée trouver agréable.
J’ai aujourd’hui 21 ans.
Je fais face aux critiques incessantes armée de ma confiance toute neuve et de mes convictions. Et c’est dur.

J’ai entendu toute ma vie que je ne serais pas assez attirante. Pas assez jolie. Que de toute façon, les filles minces trouvaient plus facilement du travail.
Bref.
J’ai entendu toute ma vie que je ne serais jamais assez bien.

Et j’en ai marre.

« Perdre du poids pour trouver un travail ». Mon apparence est donc plus importante que mes compétences et ma motivation. Mais avez-vous seulement conscience d’à quel point c’est destructeur ? Suis-je donc davantage une poupée qu’un être humain ? Si dans ce cas il me suffit d’afficher une taille 38 et un ventre plat, pourquoi alors faire un CV, et des lettres de motivation ? Pourquoi donc faire des études ?
Non seulement c’est insultant mais c’est profondément humiliant. 

« Perdre du poids pour plaire aux garçons ». Comment en effet, pourrais-je être attirante pour qui que ce soit ? Comment en effet penser que quiconque voudrait d’une fille ronde/généreuse/plantureuse ?
Ces remarques m’apprennent que je ne suis pas jolie, que je ne suis pas digne d’être aimée, que je ne peux pas avoir confiance en moi et encore moins m’accepter. Il y a aussi une autre conséquence, tout aussi grave : je n’arrive pas à faire confiance. Lorsque quelqu’un s’intéressait à moi, je me disais forcément que c’était pour se moquer de moi, que ce n’était pas sincère. Je croyais sincèrement, pendant des années, qu’on ne pouvait pas m’aimer comme j’étais, pour qui j’étais. Je n’avais confiance en personne, surtout pas en moi. 

« Perdre du poids pour t’habiller comme tu as envie ». C’est vrai que je ne peux pas mettre les vêtements que j’ai envie. Mais ce n’est pas parce que je ne trouve pas ma taille, car des vêtements qui me plaisent en grande taille, ça existe. Ils coûtent malheureusement trop cher pour mes maigres moyens. Prenons un sous-vêtements, le genre utile : un soutien-gorge. Eh bien, tous mes soutien-gorges sont trop petit. La raison ? Ceux que j’achète coûtent une quinzaine d’euros, ceux qui m’iraient coûtent quatre-vingt euros. 
Et de toute manière, pourquoi serait-ce à moi de m’adapter à la société ? Pourquoi ne serait-ce pas à la société de s’adapter ? Ne puis-je donc être moi-même ? 
Le signe d’une société qui va mal est lorsque ladite société oblige les gens à ne pas être eux-même.

« Perdre du poids pour être bien dans ta peau ». Car oui, je suis ronde/généreuse/plantureuse et je ne peux pas être heureuse. C’est vrai, comment aimer ce corps que tous détestent ? Le chemin vers l’acceptation de soi est difficile et pavé d’embûches, embûches qui s’appellent slut-shaming et grossophobie.
Heureusement, il existe des modèles de confiance, des femmes qui nous apprennent que la beauté n’est pas affaire de chiffres mais de sourire. Je parle de femmes comme Tess Holliday, ou Ashley Graham. Des femmes fortes, dans tous les sens du terme, des femmes qui assument leur corps et aiment leur vie.

J’ai maintenant un message. Vous qui lisez mon article, si vous avez dans votre entourage quelqu’un qui ne rentre pas dans une taille standard, que ce soit un/e ami/e, un frère ou une sœur, un enfant, ne lui dites pas de perdre du poids. Ne lui dites pas qu’il ou elle ne va jamais réussir parce qu’il ou elle est trop gros/se. Dites lui qu’il ou elle est formidable. Qu’il ou elle est magnifique. Oui magnifique.
Car trop souvent, on entend ce fameux « Tu serais tellement plus jolie si … » ce si qui indique la beauté a des conditions, qui nous dit clairement que l’on est pas assez bien.
Non, dites à vos proches qu’ils sont magnifiques, sublimes comme ils sont. 
Parlez-lui de leurs qualités. De leurs compétences. Arrêtez de leur dire que c’est le physique qui détermine leurs opportunités professionnelles. 

Maintenant, c’est aux parents qui me lisent que je m’adresse : vous êtes censés aider vos enfants. Vous êtes censés aider vos enfants, leur donner confiance face à un monde se noyant dans le jugement hâtif et les préjugés, un monde qui leur pourrira la vie et leur apprendra qu’ils ne seront jamais assez bien. Encouragez vos enfants, louez leurs qualités, n’oubliez pas de leur dire qu’ils/elles sont magnifiques comme ils sont, qu’ils/elles vont réussir dans la vie et qu’ils n’ont pas besoin de se conformer aux normes de beauté standardisé pour cela. Apprenez-leur à s’aimer. C’est votre travail, en tant que parents.

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