19 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

Café à Sevran : la polémique

La vidéo a agité le pays, notamment au sein de l’élite politique. Une vidéo tournée il y a de cela quelques mois, par Nadia Remadna et Aziza Sayah. Toutes deux sont membres de la Brigade des Mères.

C’est quoi la Brigade des Mères ?
Pour Nadia, créatrice de cette Brigade, il faut « agir là où la mairie et la police demeurent tristement inefficaces ». Pour cette mère de famille, qui a élevé seule ses enfants, c’est avant tout une façon de lutter contre un enfermement sociale de la banlieue et prouver, aux élus particulièrement et au reste du monde en général, qu’avoir grandit en banlieue n’est pas une fatalité.
Retrouvez les détails de l’interview de Nadia Remadna ICI.

C’est dans le cadre de cette brigade que les deux femmes se sont rendus dans un café du centre-ville de Sevran, en caméra cachée.
Dès l’entrée, les deux femmes doivent se justifier de leur présence face à quelqu’un leur demandant si elles cherchent quelqu’un. D’autres personnes présentes les apostrophent, leur demandant de sortir. La phrase « Ici, c’est comme au bled » a résonné dans tous les JT.

Mais reprenons.
7 décembre 2016, France 2. Un reportage sur les cafés interdit aux femmes montre la caméra cachée de la Brigade des Mères.
Le reportage fait grand bruit.
Les JT, les journaux, etc, reprennent les images en boucle. La phrase « Ici c’est comme au bled » tourne en boucle.

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Mais cette histoire est-elle uniquement une affaire de religion ?

Sevran est une ville de la banlieue parisienne qui compte une forte communauté musulmane. Certes. Nous sommes en Île-de-France. Paris et sa banlieue, c’est plus de dix millions d’habitants. Difficile de ne pas trouver de fortes communautés religieuse ou ethnique dans une capitale comme Paris.

Si une partie des médias s’est empressé de jeter la faute à la religion musulmane d’autres ont posé le problème. Comme le dit Rokhaya Diallo dans son intervention sur I-Télé, « Je vous mets au défi de regarder tous les bars PMU de manière générale qu’ils soient à Sevran ou dans des villages. Il y a très peu de femmes qui s’attablent dans des bars au milieu des turfistes. » (Source : Les Inrocks.)

Turfiste : personne qui s’intéresse aux courses de chevaux, en particulier pour parier sur leur résultat (ndla). (Source : dictionnaire Larousse)

Elle tente, dans cette intervention, de « remettre un peu de perspective » : il s’agit d’un problème de société. Il s’agit de sexisme.
Comme elle le dit justement, nous vivons dans un monde où  »(…) le président de la plus grande démocratie s’est vanté d’avoir sexuellement agressé une femme. »

Il est clair que la rue est l’espace des hommes. Ils la possèdent et les femmes sont de passage. Il suffit de chercher un peu pour trouver des milliers de témoignages de harcèlement de rue, de harcèlement au travail …

Alors, si on parlait culture du viol, sexisme ordinaire et égalité des sexes ?

Car c’est là le vrai sujet. Et il est très facile de passer à côté. 
Sur le plateau de I-Télé, ne pas laisser Rokhaya Diallo s’exprimer sur le sujet. Dans les JT, aborder l’usage des smartphones face aux viols commis/agression sexuelles commis/es aux collèges.
Or, le sexisme est un problème de société très grave, que les plus jeunes générations apprennent très tôt. 
Alors, pourquoi ignorer le problème ou renvoyer le reportage de France 2 à la religion ? 
Peut-être parce qu’il est plus facile d’accuser « les autres ». Même si l’usage des guillemets est indispensable ici car être musulman ou d’origine maghrébine ou autre ne fait pas de vous quelqu’un de moins français que les habitants du très élitiste XVIème arrondissement. Peut-être aussi parce que l’égalité des sexes implique un immense changement de société mais surtout de mentalité. Et changer les mentalités est un défi de taille. 

C’est pour cette raison qu’il est essentiel d’apprendre aux enfants que les clichés et l’éducation genrée n’est pas un carcan. Il faut leur parler féminisme, égalité, consentement, culture du viol. 
Il faut leur dire qu’ils ont le droit d’aimer ce qu’ils veulent, les paillettes, le rose, les Barbies, sans culpabiliser. Parce que les goûts, les envies, les ambitions ne dépendent pas du sexe de la personne mais de sa personnalité. 

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